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« De tous les poisons capables de vicier le témoignage, le plus virulent est l’imposture. »

Marc Bloch, Apologie pour l’histoireD [1]

 

37B1793. Les Muscadins et la révolte de LyonD [2]

 

Le petit format de cet ouvrage ne l’empêche pas d’avoir de grandes ambitions qui sont exposées dans la quatrième page de couverture.

  • Une première partie d’environ 73 pages offre une description des « prémisses  et [des] causes générales de la révolte de Lyon » ; c’est l’occasion pour M. Ongaro de « port[er] le regard sur la monarchie finissante, sur la marche de la révolution parisienne et sur ses conséquences locales ».
  • En second lieu, l’auteur se livre à une « description détaillée et critique » de la sortie de l’armée lyonnaise […] » (pp. 75 à 143).
  • La troisième partie  porte sur « les implications beaujolaises dans la chasse aux muscadins » ainsi que sur l’étude « des légendes locales qui ont reporté sur les habitants de Theizé une culpabilité injustement discriminante [sic] » (pp. 145 à 222).
  • La quatrième partie porte sur le contraste entre le comportement peu glorieux du général Précy lors de cette retraite et « la stature de héros sublime que lui ont sculpté [sic] les chantres de la Restauration [sic] » (pp. 223 à 259).

 

Un esprit quelque peu critique peut déceler, dès l’exposé de ce plan, de sérieux problèmes de méthode. Néanmoins, l’ouvrage est également prometteur par certains côtés. Son auteur, ancien président de l’association « Les amis de Charnay », a pu bénéficier de l’aide de deux Theizerots particulièrement bien informés sur l’histoire de la commune. On espère donc qu’il va nous livrer des faits nouveaux et pourquoi pas des documents provenant des archives familiales de Theizé.

Universitaire retraité, Roger Ongaro, assure avoir pu « affiner » et « corriger » son travail grâce aux annotations de Serge ChassagneF [3] F, professeur émérite d’histoire moderne de l’Université Lyon II. On est donc persuadé d’avoir entre les mains un travail rigoureux et scientifique.

 

Il faut malheureusement déchanter rapidement sur ces deux points : L’auteur n’apporte aucun fait nouveau à une exception près ; et, à une exception près également, aucun document supplémentaire. Ce sont mes recherches de 1994 qui lui servent de base documentaire.

 

En ce qui concerne la rigueur scientifique c’est encore  plus décevant : dans un domaine où les documents subsistants sont rares, où il faut les manipuler longtemps et précautionneusement afin d’en extraire la moelle, Roger Ongaro s’applique consciencieusement à tout embrouiller : mélangeant les bribes d’archives, taillant dans tel document, interprétant tel autre, posant des postulats sur du vide avant de s’en  servir pour abattre une théorie…

 

Avant d’essayer de comprendre ce qui a pu provoquer la publication d’un tel ouvrage et d’envisager les implications de cette publication sur la vie de la mémoire, il convient de prouver ce que je viens d’affirmerF [4] F.

 

84BLe Problème des sources

Dès la page 12 de son livre, Roger Ongaro explique que « les sources utiliséesD [5] D » proviennent essentiellement de mon « mémoire », il n’y a donc pas de reproche à faire à l’auteur sur ce point. Il n’empêche qu’on peut regretter qu’il ne se soit pas confronté directement aux sources plutôt que de s’en remettre pour une part à mon travail et pour une autre aux informations et aux documents qu’ont bien voulu lui donner ses informateurs theizerots.

Cela lui aurait sans doute évité de répéter la confusion grossière que je fais en citant Ballaguy au lieu de Riffaterre à la page 110 de la 1ère édition de mon livre.

Il aurait également pu se dispenser ainsi de déformer le nom d’un des principaux personnages du roman les Mystères des bois d’Alix pour avoir étudiéD [6] D cet ouvrage dans la transcription manuscrite qu’en a fait Monsieur Biollay – nous avons vu que cette déformation (Tressot mis pour Cressot) n’est pas sans importanceF [7] F.

Enfin, s’il s’était rendu en mairie de Theizé et avait demandé à consulter les registres des délibérations municipales, ce qui pourrait constituer le « minimum syndical » pour celui qui prétend faire l’histoire de la commune, il aurait également pu constater que les documents de la période de la Révolution et du Consulat sont manquants. Peut-être aurait il renoncé alors à écrire que « la perte des comptes rendus des séances des conseils municipaux est un pur fantasme »D [8] D.

 

85BDes raisonnements trop souvent à rebours de la logique

On a scrupule à faire un tel reproche à un ancien maître de conférence en physique, pourtant, force est de constater que M. Ongaro prend des libertés avec la logique la plus élémentaire. Relevons en deux exemples.

Ainsi quand il qualifie mon travail de « sérieux » avant de prétendre que j’ai inventé l’absence des délibérations du conseil aux archives de la commune.

De même quand il rejette avec mépris « une rumeur [qui] voudrait que certaines familles aient conservé des archives établissant les faits reprochés à leurs ancêtres. »D [9] D En oubliant que ce n’est pas la rumeur mais en 1er lieu la brochure Theizé en Beaujolais, signée par les « membres de l’animation culturelle » de Theizé qui indique la présence de tels documents. En oubliant surtout qu’une des principales archives que j’utilise dans ma recherche, le Mémoire pour le citoyen Antoine Danguinqui établit clairement le rôle qu’ont pu avoir certains theizerots dans cette affaire,  m’a été fourni par  une famille de Theizé qui le détient encore aujourd’hui.

86BDes procédés qui interdisent la confrontation loyale des idées

Les querelles d’historiens et la confrontation des théories comptent certainement parmi les moteurs qui peuvent faire avancer la recherche à tous les niveaux.

Encore faut-il que cette confrontation soit loyale ; et pour qu’elle le soit il faut que chacun s’applique à présenter le plus objectivement possible la théorie adverse. On pourrait dire qu’il faut « laisser sa chance au gibier ».

De la même façon, à ce jeu là, « le gibier » n’a pas le droit d’effacer ses traces. Autrement dit, il faut que – chaque fois que c’est possible –  celui qui énonce une théorie ou qui avance un fait les documentes précisément et donne la possibilité à un éventuel contradicteur d’aller vérifier sur pièce ce qui a été énoncé.

 

Monsieur Ongaro s’exonère à plusieurs reprises et sans raison valable de ces obligations ; dans un souci de concision j’en donnerai seulement deux exemples.

 

  1. Considérons d’abord les « rôles authentiques des contributions » des habitants de Theizé pour les années 1764, 1779 et 1790-91 que M. Ongaro utilise  pour « démontrer » l’inexistence d’enrichissements consécutifs aux événements de 1793 dans la communeD [10] D, on s’aperçoit que le lecteur est convié à une véritable partie de bonneteau.

On lui demande en effet de constater qu’un certain nombre de familles, désignées par la rumeur comme « muscadines » et dont on ne lui révèle pas les noms, étaient déjà riches avant la révolution et qu’elles ne peuvent donc « être désigné[e]s comme s’étant enrichi[e]s en 1793 »F [11] F.

Dans ce but on lui propose de consulter une liste des plus gros contribuables de Theizé établie par l’auteur d’après des documents qui ne sont jamais reproduits et dont tout ce qu’on sait c’est qu’ils ont été « aimablement prêtés par un habitant du village descendant d’une très ancienne famille theizerote et muscadine ».

Autrement dit on propose au lecteur d’adhérer à un raisonnement totalement spécieux : le fait d’être imposable n’ayant jamais empêché personne de chercher à s’enrichir d’avantage. Et on lui interdit d’aller vérifier sur pièce les affirmations de l’auteur puisque les documents concernés se trouvent chez un anonyme habitant de Theizé.

            Cette façon de faire est d’autant plus regrettable qu’elle ruine un des rares véritables apports du livre de Roger Ongaro sur le sujet qui nous intéresse. Si toutes les familles désignées comme muscadines étaient prospères avant la Révolution, cela met en effet à bas une des allégations de la rumeur selon laquelle des familles indigentes se seraient retrouvées à la tête de fortunes après la Révolution.

  1. Penchons nous maintenant sur la théorie qui constitue la conclusion de mon livreD [12] D, à savoir que le sobriquet de Muscadin a été attribué aux theizerots consécutivement à la publication, au seuil du XXe siècle, du feuilleton Les Mystères des Bois d’Alix.

M. Ongaro n’y croit pas, ce qui est son droit le plus strict et il s’en explique d’ailleurs en disant « qu’il semble bien que le sobriquet soit plus ancien que le feuilleton » ce qui est un argument qui a son poids. Le problème est qu’il ne prend même pas la peine de présenter ma théorie pour réfuter mes arguments. Il se contente d’introduire le sujet de la façon suivante : « Il se dit aussi que l’opprobre général opposé aux habitants de Theizé serait dû à la publication […] du roman […] les mystères des bois d’Alix ». 

Le procédé est parfaitement malhonnête puisqu’il évacue sans l’examiner une théorie qui ne lui convient pas.

 

87BTri sélectif et falsification
des documents

Parmi toutes les règles qui s’imposent à celui qui prétend faire œuvre d’historien, s’il ne fallait en garder qu’une, ce serait celle du respect de l’intégrité des sources. L’historien ou celui qui prétend l’être doit faire tout son possible pour rassembler l’ensemble des documents disponibles sur un sujet et il doit passer toutes les théories qu’il veut défendre au crible de l’ensemble de cette documentation. A fortiori – et encore une fois on a scrupule à énoncer de tels banalités –   l’historien doit s’interdire absolument de déformer les documents pour leur faire dire ce qu’il attend d’eux.

 

On a déjà vu que M. Ongaro n’avait pas fait d’efforts démesurés pour se procurer de nouveaux documents. Il faut également constater qu’il a systématiquement écarté tout ou partie des documents qui ne cadraient pas avec ses dénégations. Et qu’il est allé parfois jusqu’à falsifier certains textes.

 

Ainsi, notre auteur qui analyse longuement le feuilleton les Mystères des bois d’Alix et qui prétend à plusieurs reprises s’appuyer sur ce roman pour valider plusieurs de ses thèses en fait-il une présentation tronquée.

Il oublie en effet de citer les passages du début du roman ou Giuliani met en scène une bande de scélérats – pillards, tortionnaires et assassins –  des environs de Theizé et où il laisse clairement entendre que l’un d’eux va occuper de hautes fonctions dans la société theizerote du XIXe siècle. Il ne retient que les dénégations du 43e épisode ou Giuliani va se déjuger en affirmant que ce sont des étrangers de passage qui ont fait le coup. Encore ne s’agit-il ici que d’un roman.

 

Mais il y a plus ennuyeux. Roger Ongaro n’hésite pas à réécrire et à déformer les documents qu’il prétend transcrire. Il le fait par exemple grossièrement avec le témoignage du citoyen Bergié à la page 129 de son livre. Il le fait également de façon beaucoup plus discrète et mensongère, toujours à la page 129, lorsque – sans indiquer sa source – il retranscrit et déforme le rapport du commissaire Chabert chargé des restitutionsD [13] D :

« Il faut signaler enfin que certaines des cruautés commises à l’encontre des prisonniers ont été sanctionnées, au moins symboliquement. Ainsi Louis Brossette, notable (conseiller municipal) de Frontenas a été sanctionné pour excès répréhensibles, de même qu’un autre Brossette, municipal de Moiré, pour massacre de prisonniers, ainsi que Antoine Melet et Jean Debilly, capitaine de la garde nationale, pour conduite cruelle envers les prisonniers. »

Ici la transcription est presque fidèle, à un détail prêt : selon le rapport Antoine Melet et Jean Debilly sont tous deux des citoyens de Theizé.  

 

Il faut relever aussi que cette évocation des massacres et des deux documents qui permettent de les établir à Theizé (le rapport de Danguin et celui de Chabert) ne se fait qu’au détour d’un chapitre consacré à l’étude de la sortie, uniquement pour signaler « que certaines cruautés commises à l’encontre des prisonniers ont été sanctionnées » et surtout – comme on l’a vu – en donnant à croire que cela ne concerne pas Theizé.

En revanche, lorsque Roger Ongaro va s’interroger sur un éventuel « acharnement des theizerots au massacre »D [14] D il ne va citer que deux textes : le roman de Giuliani ainsi que les vitupérations de l’abbé Guillon de MontléonD [15] D contre les paysans mais aucun document d’époque et surtout pas le rapport Chabert cité plus haut ni le Mémoire pour le citoyen Antoine Danguin qui établit non seulement que la traque des Lyonnais a été coordonnée dans les bois d’Alix par Danguin, boulanger de Theizé, mais surtout qui confirme et précise les affirmation de Chabert concernant le massacre à Theizé par les habitants du village de prisonniers qui imploraient leur pardon.

Cela ermet à notre historien de conclure benoîtement « que la prudence et l’équité [sic] devraient commander d’écarter toute idée d’implication spécifique des Theizerots dans les massacres et les cruautés associées. »

 

Toutes les carences du livre de Roger Ongaro – dont je n’ai relevé que les plus significatives et les plus aisées à mettre en évidence – ne sont peut-être pas imputables à sa mauvaise foi. Une certaine négligence (deux fautes de français en atteste sur la quatrième de couverture) et une méconnaissance des bases élémentaires du métier d’historienF [16] F semblent également avoir été à l’œuvre. Il n’empêche que sa volonté de tromper ses lecteurs est parfaitement établie, ne serait-ce que par la dissimulation et la falsification de certains des principaux documents relatifs à cette affaire.

Il reste donc à tenter de comprendre ce qui a pu motiver une telle démarche.

 

88BUne instruction à décharge

En ce qui concerne Roger Ongaro, la motivation est simple, il s’en est d’ailleurs expliqué dans le Patriote Beaujolais du 26 février dernierD [17] D. Constatant que mon analyse « vis[ait] expressément à instruire un procès en culpabilité des theizerots » et que je ne m’étais pas interrogé sur la vraisemblance des faits avancés dans mon « réquisitoire », il a voulu faire quant à lui une instruction « à décharge » en réalisant ces « tests de vraisemblance ».

Notons au passage, qu’une fois de plus, Roger Ongaro fait preuve d’incohérence. Si mon travail est aussi partial, et si je ne me suis même pas préoccupé d’éprouver la vraisemblance de mes conclusions,  il fallait le dire clairement dès la publication de son livre au lieu d’affirmer que « j’avais fait un travail sérieux tant du point de vue de l’analyse documentaire que de l’analyse des sources » et de me reconnaître « de très méritoires efforts […] dans le sens d’un éclaircissement » de la part réciproque des faits avérés et des faits légendairesD [18] D.

Mais ce n’est pas là l’information principale, ce qui est instructif, c’est que M. Ongaro nous révèle qu’il s’est senti investit d’une mission, celle de défendre les theizerots victimes  « des légendes locales qui ont reporté sur les habitants de Theizé une culpabilité injustement discriminante [sic] » comme il l’indique, on l’a vu plus haut, dès la 4ème de couverture de son livre.

Comme il le rappelle encore avec véhémence page 152 : « Il faut maintenant entrer de plein pied dans le problème local qui a motivé la présente étude [... ,] celui des traces quasi indélébiles laissées dans une large zone autour du village de Theizé par les événements des bois d’Alix. Nous entrons ici dans un domaine appartenant à la petite histoire, mais une histoire modelée dans  la chair même des habitants d’une région et qui a eu des incidences morales et psychologiques durables. C’est l’histoire d’un village, Theizé, qui s’est trouvé impliqué et compromis d’une manière inexpliquée dans cette affaire des bois d’Alix. Un village qui a eut à subir après cette affaire un opprobre permanent de la part du voisinage villageois. »

Il s’agit donc de rhabiller un abus, de « réduire à néant » « par l’analyse raisonnée » les imputations infamantes de la rumeur, comme c’est également indiqué en quatrième de couverture. On comprend dès lors que l’auteur n’ait pas hésité à bricoler quelques documents et à en glisser un ou deux autres sous le tapis. Quand la cause est juste…

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« C'est une autre vérité qu'on aurait pu rencontrer dans n'importe quel village, lors de n'importe quelle guerre, civile ou non, dans n'importe quel pays, à n'importe quelle époque. Après le temps de l'horreur commence le temps du comment vivre après l'horreur, infiniment plus long. »

Françoise Bayard

Préface de la première édition

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38BPour en finir avec les rumeurs (?)

 

            Quelques soient les limites de sa démarche, il ne faut pourtant pas négliger la souffrance qu’à perçu Roger Ongaro et qui a motivé son travail.

En ce qui me concerne, au moment où j’ai effectué mes recherches sur le terrain, j’avais certes perçu une gêne, souvent de l’agacement, parfois de l’hostilité mais pas à proprement parler de souffrance.

En évoquant à nouveau le sujet, 15 ans après, avec le maire de la commune, avec un Muscadin, et avec quelques Non-Muscadins, je ne ressens toujours pas de véritable souffrance et je n’écrirais certes pas à la suite de M. Ongaro que cette « histoire [s’est] modelée dans  la chair même des habitants » de Theizé… (S’il fallait évoquer une chair martyrisée, je penserais d’ailleurs plus volontiers à celle des Lyonnais). Il y a pourtant une injustice qui est ressentie par la population du village. Et ce sentiment d’injustice n’est pas illégitime.

            Comme je crois l’avoir montré, en 1793, l’action des Theizerots fût similaire à celle des habitants des autres villages des bois d’Alix, même si les circonstances leur ont vraisemblablement donné un rôle éminent dans cette affaire. C’est la grossière tentative d’instrumentalisation de ces faits, dans un contexte de luttes municipales digne de ClochemerleF [19] F, qui est à l’origine du sobriquet qui colle à la peau des Theizerots.

 

            Alors que faire ? Pour avoir établi un diagnostic, je n’en suis pas forcément plus compétent pour trouver le remède. Il semble d’ailleurs, comme l’a montré Edgar Morin dans La Rumeur d’Orléans, que tous les efforts de rationalisation et d’explication soient pratiquement inopérants dans un cas semblable.

 

            Si je devais pourtant risquer une préconisation elle tiendrait en un mot : assumer.  A cet égard, il me semble que les recherches que j’ai menées, avec l’aide de plusieurs habitants du village, et dont les résultats font, comme on dit, « la part des choses », peuvent permettre à ceux des Theizerots qui le souhaite de s’approprier et donc d’assumer sereinement l’histoire de cette commune. Il faut d’ailleurs noter que la plus part d’entre eux ne m’ont pas attendu pour le faire.

            A l’inverse, chacun sait que tout ce qui ressemble à de la dissimulation fait mécaniquement augmenter les soupçons et courir les rumeurs. Pour finir je me permettrais donc de m’adresser aux membres de ces sept familles qui sont désignées – de façon hasardeuse –  comme les descendants des massacreurs, pour leur suggérer de se faire connaître, de publier leurs noms, leurs histoires familiales, les documents qu’ils peuvent détenir ou que d’autres Theizerots détiennent encore et de désarmer ainsi la rumeur publique.

 


 



[1] Bloch (M.), Apologie pour l’Histoire ou métier d’historien, Edition critique préparée par Etienne Bloch, Paris, Armand Colin, 1993, P. 126.

[2] Ongaro (R.),1793 Les Muscadins et la révolte de Lyon, Essai Historique, Lyon, EMCC, collection Futur antérieur, 2008, 288p.

[3] Ne pouvant me permettre de m’exprimer à la place de M. Chassagne, je ne peux que souligner la totale invraisemblance d’une quelconque validation par ce dernier du travail de M. Ongaro.

[4] Mon analyse du livre de M. Ongaro est bien entendu sujette à caution dans la mesure où ses conclusions  mettent gravement en cause mon bon sens et ma bonne foi (même s’il veut bien condescendre à m’accorder un « travail sérieux »). J’invite donc – ici plus qu’ailleurs – les lecteurs courageux – ici plus qu’ailleurs –   à se reporter à la source pour vérifier mes dires.

[5] « Les sources utilisées sont essentiellement : le mémoire de Jacques Branciard dans lequel nous avons puisé certaines de nos références parmi lesquelles […] »

[6] Témoignage de Roger Ongaro recueilli par moi-même (5 février 2009).

[7] Cette confusion rend inopérante une des clefs du roman : Cressot étant l’incarnation dans Les Mystères du futur sénateur maire Lacroix. La confusion est d’autant plus incompréhensible que M. Ongaro avait à sa disposition les Mystères des Bois d’Alix tant à la Bibliothèque d’Alix qu’à celle de Villefranche. Il aurait pu aussi se demander pour quelle raison je l’orthographiais différemment dans mon livre.

[8] Ongaro (R.), 1793. Les Muscadins et la révolte de Lyon, p. 206.

[9] Ongaro (R.), O. cit. , p. 205.

[10] Ongaro (R.), op. cit. 99. 195 à 202.

[11] Monsieur Ongaro m’a affirmé lors d’un entretien que j’ai sollicité pour vérifier mes conclusions, le 4 juin 2009, qu’il avait simplement voulu dire que du fait de cette richesse antérieure, on ne pouvait pas faire dater leur prospérité de ces événements. Ce n’est pourtant pas ce qu’il a écrit (cf. page 199 de son livre).

[12] Voir le chapitre « Theizé en Beaujolais pp. ***

[13] ADR 42 L98 – voir 2ème partie à page ***

[14] Ongaro (R.) Op. cit., troisième partie, « implication spécifique des Theizerots » 2nd chapitre, pp. 171 à 173.

[15] Guillon de Montléon (***)

[16] Bases qui sont à la portée du plus grand nombre. Il n’est pas nécessaire d’étudier longuement les sciences auxiliaires de l’histoire pour être en mesure de produire un travail honnête et cohérent.

[17] Ongaro (G.), « Muscadins de Theizé : Roger Ongaro répond », Le Patriote Beaujolais, 26 février 2009, p. 7.

[18] Ongaro (R.), Op. cit., pp. 9 et 10.

[19] Comme l’a justement relevé Gérard Corneloup dans Lyon Figaro du 1er mars 1997, p. 31.


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